GUINEE : Signature d’un accord de gestion du flux migratoire

 

Plus ou moins banalisée jusqu’ici, la question de la migration commence visiblement à revêtir l’intérêt qu’elle mérite en Guinée. Certainement parce que les migrants guinéens sont en constante augmentation sur les côtes européennes. Au point qu’ils seraient estimés à 16.000 personnes, occupant ainsi le premier rang sur les côtes italiennes en particulier. C’est en tout cas dans ce contexte que la Guinée, à travers le département des affaires étrangères, vient de bénéficier de 54 milliards de GNF, issus du Fonds fiduciaire d’urgence pour les migrations de l’Union européenne. Un montant à la mobilisation duquel l’Italie et l’Allemagne ont fortement contribué et qui devra aider à la mise en œuvre d’un programme triennal dit de « Renforcement de la gouvernance des migrations et de support à la réintégration durable des migrants en République de Guinée ». La mise en œuvre étant confiée à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la cérémonie de signature de l’accord d’hier, au ministère des affaires étrangères, avait réuni la représentante de l’OIM en Afrique de l’ouest et du centre, Karla Montesi, le chef de la délégation de l’UE en Guinée, Gerardus Gielen, l’ambassadeur d’Allemagne en Guinée, Mathias Veltin, entre autres.  

Justifiant la conclusion de cet accord, N’Diaye Fatoumata Diallo, la représentante de l’OIM en Guinée, fait tout d’abord part de l’importance grandissant que la question migratoire est en train de prendre en Guinée

La Guinée est le pays de l’Afrique sub-saharienne avec le taux de migration le plus élevé sur les côtes européennes (italiennes) de la méditerranée. La signature de cet accord est donc particulièrement décisive en ce qu’il conclut un cycle de négociation initié en novembre 2015, à la suite de la conférence internationale sur la migration (Valette) et qui raffermit la coopération entre la Guinée, l’Union européenne (particulièrement ses Etats membres que sont l’Italie et l’Allemagne) et l’OIM. Cet accord entre la République de Guinée, l’UE et l’OIM répond à un impératif de plus en plus fondamental de rationalisation des approches de lutte contre la migration irrégulière en Guinée.

Très concrètement, l’accord en question devra permettre de :

  • Soutenir la Guinée à améliorer la réintégration de 2000 Guinéens retournés afin de leur donner les outils et les moyens de continuer une vie décente en Guinée ;
  • Renforcer les structures et capacités nationales en termes de gestion de la réintégration de manière digne et durable ;
  • Permettre aux migrants et aux migrants potentiels de prendre des décisions conscientes quant à leur parcours migratoire et sensibiliser les communautés les plus touchées par la migration irrégulière ;
  • Renforcer les données migratoires et la communication sur les flux, routes et tendances migratoires.

Convaincue de la pertinence de cet accord, la ministre des Affaires Etrangères, Makalé Camara estime que cette démarche permet de trouver une solution pour les Guinéens désemparés, après un retour très difficile :

C’est de notre responsabilité de venir en aide à nos compatriotes lorsqu’ils sont en danger à l’extérieur. C’est ce que nous essayons de concrétiser par la signature de cet accord. Cet accord permettra aux Guinéens qui sont revenus désemparés de trouver une solution à leur situation. L’OIM est là pour accueillir les projets qu’ils ont et pour les aider à les financer, afin de fixer notre jeunesse en Guinée. Nous opposons la migration au manque de développement, à la pauvreté. Quand nos enfants ne sont pas fixés chez nous, ils s’en vont vers un eldorado qui finit par être un mouroir pour eux. Ce projet est un début d’exécution des engagements que les uns et les autres ont pris lors de la conférence sur l’immigration à la Valette.

Il est à préciser que le projet est élargi à toute la zone sahélienne avec un montant de €100 millions, pour faire face aux causes profondes de la migration.

Ibrahima Kindi BARRY

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